Les grands brûlés : la consolidation chez l’enfant
Les brûlures chez l’enfant sont des accidents fréquents et souvent graves. La brûlure de l’enfant est source de séquelles plus graves que chez l’adulte car la réparation tissulaire aboutit plus souvent à une cicatrice pathologique.
Brûlures chez l’enfant : une réalité préoccupante
Au sein du cabinet, près d’un dossier sur trois concerne des brûlures d’enfants, reflétant une problématique bien plus large à l’échelle nationale.
- 30 % des hospitalisations pour brûlures concernent des enfants de moins de 5 ans, une population particulièrement vulnérable en raison de la fragilité de leur peau et de leur incapacité à réagir rapidement face à un danger.
- L’enfant de 0 à 4 ans se brûle 3 fois plus souvent que tous les autres âges confondus.
- Les brûlures par liquides chauds représentent la cause principale de ces hospitalisations. L’accident typique survient lors de la manipulation d’un liquide bouillant (eau, café, soupe) qui se renverse sur l’enfant, provoquant des lésions parfois profondes.
- Les accidents domestiques constituent la première cause de mortalité infantile en France, les brûlures figurant parmi les principaux risques aux côtés des chutes, des intoxications et des noyades.
Focus sur la spécificité de la consolidation médico-légale chez l’enfant victime de brûlures graves
Principe : l’indemnisation définitive des préjudices d’une victime de dommage corporel ne peut intervenir tant que son état médical n’est pas consolidé
Qu’est-ce que la consolidation ?
Moment où l’état de la victime est considéré comme stabilisé, ses blessures ne sont plus susceptibles d’évolution significative à court terme.
Chez l’enfant gravement brûlé : PAS DE CONSOLIDATION AVANT LA FIN DE CROISSANCE
Pourquoi ? Les lésions de brûlures suivent le développement du corps de l’enfant, s’étendant et évoluant au fur et à mesure de sa croissance.
La consolidation des brûlures pédiatriques est particulièrement complexe et évolutive en raison de plusieurs facteurs :
- Évolution cutanée : une cicatrice peut s’élargir ou se modifier avec le développement corporel, entraînant des complications fonctionnelles et esthétiques. La localisation des brûlures est importante (visage, mains, le torse…)
- Parcours thérapeutique long : greffes de peau, chirurgies réparatrices, injections etc.
- Risques de brides, de rétractions voire même d’amputations selon la localisation des brûlures pouvant induire des séquelles fonctionnelles
- Impacts sur le plan psychologique, le rapport à l’autre, la sexualité…
- Impacts sur la scolarité, l’orientation professionnelle
Plusieurs années peuvent ainsi s’écouler entre la date de l’accident et la date de consolidation.
La fixation de la date de consolidation intervient uniquement par voie d’expertise.
Une consolidation trop précoce représente un risque de sous-évaluation du dommage de l’enfant.
C’est pourquoi, au regard de la spécificité des lésions de brûlures, il est indispensable que l’expertise soit diligentée par des médecins spécialisés.
Les jeunes enfants victimes de brûlures graves font l’objet de plusieurs expertises dites « intermédiaires » pour suivre l’évolution des lésions dans l’attente de l’expertise fixant la date de consolidation.
En cas d’accident, n’hésitez pas à consulter le Cabinet NP Avocats Associés spécialisé dans la défense des victimes de brûlures pour défendre les droits de votre enfant et obtenir une réparation adaptée à son préjudice.
Focus sur les spécificités de l’indemnisation des victimes de brûlures
Préjudices Patrimoniaux : Focus sur les dépenses de santé spécifiques aux grands brûlés
L’indemnisation des dépenses de santé des grands brûlés est spécifique en ce qu’elle comporte des frais variés et très coûteux qui ne sont pas pris en charge (ou de façon très limitée) par les organismes sociaux. L’indemnisation de ces frais est indispensable pour préserver et restaurer la dignité d’une victime brûlée.
Il s’agit notamment de :
- Crèmes : une peau brûlée doit être régulièrement hydratée et protégée du soleil, ce qui implique l’utilisation de produits adaptés et très coûteux.
- Perruques : la fragilité d’une peau brûlée (sensibilité de la peau du crâne, prurit …) implique l’utilisation de prothèses capillaires de qualité fabriquées sur mesure pour recouvrir les zones d’alopécie.
- Tatouages recouvrant les cicatrices : utilisés pour recouvrir les cicatrices sur des petites ou grandes zones.
- Maquillage permanent : permet de redessiner les zones cicatricielles, notamment pour redessiner les sourcils et les contours de lèvres.
- Laser : pour améliorer l’aspect des cicatrices.
Préjudices Extra-Patrimoniaux : Les préjudices extra-patrimoniaux touchent profondément la qualité de vie des victimes de brûlures graves, bien au-delà de l’aspect esthétique
Préjudice esthétique temporaire et permanent : poste très important dû au caractère visible des brûlures, du traitement (vêtements compressifs, conformateur, attelles…), de l’atteinte à l’image de soi et du regard des autres.
Souffrances endurées : les douleurs ressenties par les victimes de brûlures sont d’une intensité extrême tant sur le plan physique (avec la réalisation des pansements sous anesthésie générale, les excisions greffes de peau, la longue rééducation…) et psychologique.
Préjudice sexuel : perte de libido et difficulté à maintenir une vie intime, souvent reliée à une perte d’identité corporelle, le refus d’être touché et une difficulté d’acceptation par soi-même et par le partenaire.
À noter : l’indemnisation des autres postes de préjudice visés au sein de la nomenclature Dintilhac implique également de tenir compte de la spécificité des lésions de brûlures et de leurs conséquences sur tous les aspects de la vie de la victime.
Chaque situation doit faire l’objet d’une analyse approfondie par un avocat spécialisé en dommage corporel
Source : Cabinet NP Avocats Associés (10/02/2025)
<< Autres articles
